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Décryptage du rapport d’information réalisé par l’Assemblée nationale sur l’assurance crédit en entreprise

Damien Wattinne, Directeur du département risques financiers chez Delta assurances, nous propose une analyse du rapport d’information réalisé par l’Assemblée nationale sur l’assurance crédit en entreprise. Les intérêts de ce rapport, de grande qualité, résident notamment dans les constats qui y sont posés et les solutions concrètes qu’il propose. Apprenons-en plus sous le regard expert de Damien Wattinne.

Quels sont les grands constats du rapport de l’Assemblée nationale sur l’assurance crédit ?

 

Damien Wattinne : Les constats de ce rapport de l’Assemblée nationale portent sur deux axes : le marché de l’assurance crédit pour les entreprises d’une part, et l’attitude des assureurs crédits d’autre part.  

Ce rapport, par sa simple existence, confirme l’importance de l’assurance crédit et son utilité pour le crédit interentreprise, qui se trouve être la première source de financement court terme des entreprises. Il précise que l’assurance crédit couvre 47 % du crédit interentreprises. 

 

Comment se caractérise le marché de l’assurance crédit ?

Damien Wattinne : Le rapport de l’Assemblée nationale sur l’assurance crédit pour les entreprises décrit le marché comme “fortement concentré” autour de trois gros acteurs. C’est effectivement le cas mais le rapport limite trop, selon moi, le paysage à ces trois acteurs. Le marché se complète par une dizaine d’autres acteurs, dont certains jouent un rôle clé dans des secteurs bien précis. Nous le constatons tous les jours chez Delta assurances et offrons à nos clients une répartition importante des contrats sur de nombreux fournisseurs d’assurance crédit.

 

Si la concurrence est forte, qu’en est-il des prix ?

Damien Wattinne : Le rapport de l’assemblée nationale sur l’assurance crédit pour les entreprises indique que le marché est concurrentiel et que les prix sont bas. C’est ce que nous constatons également, et ce, malgré la concentration des acteurs. Cela peut expliquer pourquoi en cas de crise, les assureurs crédit réagissent parfois trop vivement. Le prix du risque est-il rémunéré à sa juste valeur ? La question reste posée.

 

Quelle a été l’attitude des assureurs crédit pendant la crise ? Qu’en dit l’Assemblée nationale ?

Damien Wattinne  : Le travail de la commission de l’Assemblée nationale à l’origine de ce rapport sur l’assurance crédit repose sur trois constats :

  • Les réactions brutales de certains assureurs crédits face à la crise, en sur-anticipant une catastrophe potentielle
  • Les réactions légitimes des entreprises et de leurs organisations représentatives
  • La nécessité de l’État de soutenir l’assurance crédit par une solution de couverture directe (le CAP) et même de réassurance (CAP Relais), cette dernière solution étant totalement inédite.

Il me semble que cela démontre à quel point certains acteurs de l’assurance crédit ont manqué de lucidité et sont passés à côté d’une belle opportunité de mettre en avant la qualité et l’importance de leur rôle. Je souhaite tout de même tempérer mes propos car tous les assureurs crédit n’ont pas eu cette attitude. Dans son rapport sur l’assurance crédit, l’Assemblée nationale ne parle pas des assureurs plus petits, dont la posture a été différente, et c’est bien dommage. Chez Delta assurances, nous allons chercher les solutions où elles se trouvent, chez les trois leaders du secteur mais pas seulement. La crise que nous vivons prouve que c’est une bonne pratique.

 

Quelles sont les recommandations de l’Assemblée nationale sur l’assurance crédit pour les entreprises ?

 

Damien Wattinne : Les recommandations de l’Assemblée nationale sur l’assurance crédit en entreprise sont au nombre de 24. Elles sont en phase avec nos propres actions et réflexes depuis des années. Je me propose d’en détailler quelques-unes qui me semblent clés :

Favoriser la montée en compétence des entreprises dans la gestion du risque client

Damien Wattinne : C’est un point crucial. Notre département ‘credit management’, créé pour apporter une aide concrète, des conseils et des solutions aux entreprises en termes de risque client a été créé il y a plus de 20 ans, en 2000. C’est vous dire si la montée en compétence des entreprises nous semble majeure. Nous avons également créé une plateforme de credit management en ligne, plusieurs fois primée en termes d’innovation.

 

Mettre en place des organes de contrôle du crédit client et des actions des assureurs crédit

Damien Wattinne : Delta assurances est membre fondateur d’une commission professionnelle qui milite pour la mise en place d’organes de contrôle et qui a pris de nombreuses initiatives en ce sens.

 

Favoriser la communication entre les entreprises et les assureurs crédit

Damien Wattinne : De nombreux progrès ont été réalisés depuis la crise de 2008 en termes de communication. Nous soutenons et diffusons ces solutions auprès de nos clients.

 

Envisager la possibilité de créer une incitation fiscale à l’auto-assurance, notamment à l’intention des PME.

 

Damien Wattinne : Je dois dire que je ne partage pas le point de vue de l’Assemblée nationale sur cette recommandation. Il s’agit pour moi d’une erreur d’approche liée au fait que le travail de l’assemblée nationale sur l’assurance crédit pour les entreprises n’a porté que sur les trois premiers acteurs. Il existe en effet de nombreuses solutions simples et à coût modéré pour les PME, et l’offre s’étoffe jour après jour. Contrairement à ce que préconise l’Assemblée nationale, je me permets de répéter que le fait de s’assurer permet d’éliminer l’une des principales causes de défaillance des entreprises.

Chez Delta assurances, plutôt que de créer une incitation fiscale à l’auto-assurance, nous proposons de suspendre la taxe d’assurance de 9 % qui porte sur les primes, comme cela avait été fait en 2008 et comme cela continue d’être le cas dans certains pays d’Europe à ce jour.

 

Lever l’interdiction faite dans les contrats d’assurer ailleurs les refus ou les restrictions de garantie.

 

Damien Wattinne : Selon nous, le débat n’est pas là. Cette interdiction n’en est pas une. Nous mettons régulièrement en place des solutions que l’assurance primaire accepte. Pour cela, il suffit de s’assurer que les dispositifs contractuels sont respectés et être vigilants sur leur mise en œuvre.

Deux familles de solutions existent : 

  • la Top Up, que nous proposons depuis longtemps et qui se développe.
  • la syndication ou co-assurance.

Or le rapport ne développe, selon nous, pas assez ce dernier point, pourtant crucial.

La co-assurance est extrêmement répandue en assurance industrielle et absente du paysage en assurance crédit court terme. Cela ne devrait pas être le cas. Delta assurances a travaillé plusieurs années à la création d’une solution de coassurance qui permettrait de compléter, au cas par cas, une insuffisance d’agrément d’un assureur par un autre. Nous nous sommes heurtés à la réticence des assureurs, réticence qui perdure. Nous sommes convaincus que ce rapport va permettre, enfin, de faire bouger les lignes.

 

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